N.E.A.

Nord Est Archéologie

Montaigu (70)

Colombier (Haute-Saône), château de Montaigu

En complément du relevé topographique effectué en 2007, une nouvelle prospection a été réalisée en 2010 sur le château et ses alentours. L’opération a permis de cartographier au G.P.S. une zone de sillons et billons située aujourd’hui sous couvert forestier.

Vue générale de Montaigu

Butte témoin sur laquelle est installé le château de Montaigu

Sur le bâtiment, la prospection a permis de localiser un morceau de charbon de bois pris dans le mortier, au cœur de la maçonnerie, au niveau du piédroit méridional de la seule cheminée identifiable sur le site. La datation radiocarbone est de 815 BP (± 30) soit, après calibration, une fourchette chronologique entre 1170 et 1268. Cette datation est cohérente avec l’absence de flanquement et d’ouverture de tirs sur ce château et permet de confirmer qu’il est bien plus ancien que sa première mention historique en 1293.

Enfin, l’année 2010 a permis de dresser le pré-inventaire sommaire d’une collection de mobilier archéologique provenant d’une fouille non déclarée menée entre 1966 et 1976. Les 40 caisses de mobilier ont livré un mobilier intéressant, partiellement présenté lors d’une exposition au musée Garret de Vesoul, détenteur de la collection. Outre des artefacts prélevés en prospections sur de nombreux sites, de la préhistoire à l’époque moderne, l’essentiel concerne Montaigu. On y trouve notamment une série de pot de poêle et de carreaux de poêle armoriés du XIVe siècle, accompagnée d’un corps d’ancrage anthropomorphe, une série de garniture de costume ou harnachement de la fin du Moyen Âge, quelques monnaies, des éléments d’éperons, de carreaux d’arbalète, de balles de plomb, etc… S’y trouve également une matrice sigillaire brisée de Jean Ier de Neufchâtel, seigneur de Montaigu.

Les deux collections formées par les poêles et les garnitures métalliques mériteraient chacune une étude approfondie en dépit de la stratigraphie aléatoire consignée dans les cahiers du jeune fouilleur.